La Vision est changement

La vision est changement.

 

 

Tout ce que nous pensons est juste, dans le sens où nous n’avons pas le choix.

Un cancrelat voit le monde comme un cancrelat. Quand on est malheureux on voit le monde comme un malheureux. Quand on est heureux, tranquille, on voit le monde heureux, tranquille. On ne peut pas faire autre chose que projeter son état de misère ou de joie sur le monde. Il faut s’en rendre compte.

 

Je ne peux pas me débarrasser  de mes préjugés. Je me sentirai toujours plus en harmonie avec certains goûts, certaines odeurs, sensations tactiles, opinions, formes de concept qui répondent à mon éducation, à ma culture. Tous les préjugés se valent : inutile d’en changer. A un moment donné, je me rends compte que ces préjugés ne me limitent pas. Je ne m’identifie plus à eux.

Mon style de vie ne me concerne pas. Je n’ai pas besoin de devenir alexandra David-Neel, d’aller en Inde, de devenir un prêtre orthodoxe, un sage ou un banquier.

 

La vie me fait banquier, prostituée, sage, explorateur : je l’accepte.

Il est important de réaliser ça.

 

Je n’ai pas à changer ma vie. Je suis marié, c’est ce qui me convient. Je suis seul, c’est pareil. Quand mon corps est en pleine santé, quand il est malade : c’est ce qu’il me faut. J’ai un enfant mal formé : c’est également ce dont j’ai besoin. Voilà le premier respect. Rien n’est mieux. Je fais face à ce qui est là.

S’il y a la guerre, on fait la guerre. S’il y a la paix, on vit la paix. Il n’y a pas à avoir la moindre opinion sur le monde.

 

Vies en pleine lumière ou vies obscures, je commence à comprendre que, profondément, toutes les vies sont les mêmes. Ceux qui les vivent n’ont pas la moindre liberté de faire ou de ne pas faire, d’accomplir ou de ne pas accomplir ce qui semble leur arriver.

 

Quand j’ai intégré cette évidence, une forme de détente survient.

  

Je n’ai plus besoin de me chercher dans des journaux, des livres, à travers des gens, qui soi-disant réussissent ou échouent. Ma vie, mon corps, mon psychisme sont ce qu’ils sont.

 

Je suis riche, pauvre : cela ne me concerne pas. J’accepte ma vie.

 

L’instant d’après la richesse peut devenir pauvreté et la pauvreté richesse.

Une forme de plasticité vient.

 

Quand j’accepte pleinement le déroulement de ma vie, ce qui m’arrive change. Tant que je lutte contre ce qui survient, je reste en collé et rien ne change.

Lorsque je ne cherche plus à modifier ma vie, une forme de clarification, de détente a lieu. Tant que je veux changer, je ne me regarde pas, je ne regarde que mon projet. Tant que j’en ai assez d’être violent, je ne regarde que ma haine  de cette violence, mon inconfort vis-à-vis d’elle ou mon espoir de n’être plus violent demain. Je suis absent à moi-même...Non. Quand je suis violent, je suis disponible à la violence qui m’habite, je la sens dans tous le corps. Je n’ai pas la prétention d’être différent.

 

Cette présence à l’émotion constitue le changement. C’est la magie.

 

Le changement découle de la vision. Il n’y a pas vision et changement : la vision est changement.

 

"Ce qui ne va pas, ce n'est pas le monde, mais notre manière de le voir"



Article ajouté le 2007-04-08 , consulté 232 fois

Commentaires


Marielalouve le 20/06/2007 à 16:46:49
tout simplement merci à toi de transcrire l'invisible
Frederic le 21/06/2007 à 02:05:28
Merci à toi Marie de partager ta vision.

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