VICTIMES

Victimes

Victime, on peut tous l'être. Par contre, l'impact que cela aura dépendra de la tendresse de notre peau affective, comme dirait Lilian Glass. C'est déjà dire que les enfants et ceux qui sont les plus sensibles risquent de subir les plus gros dommages.

Le harcèlement moral commence pour certains dès la jeunesse quand leurs camarades de classe se moquent d'eux à propos d'une particularité physique (taille, poids, anomalie, etc...), d'une particularité temporaire (appareil dentaire, par exemple) ou même de l'habillement. Il peut venir aussi de parents qui répètent à un enfant qu'il n'était pas désiré ou qu'il ne réussira à rien dans la vie.

Pour d'autres, il arrive avec le mariage (dévalorisation incessante par le conjoint) ou par le travail (par un supérieur hiérarchique, par un collègue mal-intentionné). Il peut arriver aussi en fin de vie. Qui n'a pas entendu parler des scandales qui ont éclatés dans certaines maisons de retraite où le personnel martyrisait nos anciens?

Le mode de communication pathologique qu'emploie le pervers, d'une façon verbale ou non-verbale, entraîne un changement du comportement chez la victime. Au départ, rien ne la distingue des autres dans la mesure où elle aborde les autres avec confiance. Dans un premier temps, elle cherchera à se justifier des attaques du pervers, qui déformera ses propos et s'en servira pour proférer de nouvelles attaques. Dans un second temps, elle perdra confiance non seulement en elle (le pervers s'y emploiera), mais aussi dans les autres par leur absence de reconnaissance des agressions et vexations subies (certains spectateurs vont jusqu'à aider le pervers) et l'absence de solutions pour s'en sortir (certains remèdes, comme la démission, pouvant être pires que le mal). Le harcèlement incessant la poussera vers la solitude et vers des crises de désespoir qui pourront aller jusqu'à la dépression, voire plus grave au suicide.


 

Les plus aptes à devenir des victimes sont les plus sensibles et celles qui ont le moins confiance en elles. Ci-dessous une liste des symptômes des personnes manquant de confiance en elles (magazine ISA n°6):

-Vous préférez vous taire plutôt que de dire des trucs qui risquent de déplaire.

-Vous acquiescez, même si vous n'êtes pas d'accord, pour éviter les conflits.

-Vous focalisez sur vos défauts au lieu de voir vos qualités.

-Vous refusez systématiquement de vous mettre en avant.

-Vous êtes gêné(e) au moindre compliment, votre credo n'est  vraiment pas "parce que je le vaux bien".

-Vous préférez saboter vos relations amoureuses dès le début par crainte de souffrir si l'on vous quitte.

-Vous évitez plutôt que vous n'affrontez.

-Vous attendez que ça se passe au lieu d'agir.

-Vous êtes arrogant(e) et froid(e) pour garder vos distances avec vos interlocuteurs.

-Vous bégayez, vous rougissez, vos jambes tremblent ou votre souffle se coupe lorsque vous êtes face à une situation difficile.

-L'intimité vous fait peur.

-Vous mettez toujours trois heures avant de répondre à une question ou de faire un choix.

-Vous cherchez systématiquement à obtenir l'approbation de votre entourage.

-Vous avez toujours la trouille d'être rejeté(e) ou critiqué(e).

-Vous êtes un(e) adepte de l'autodérision.

Toute personne a des besoins que Maslow a référencé dans sa pyramide. Un besoin nouveau (à un niveau supérieur de la pyramide) n'apparaît que lorsque le (ou les) besoin(s) des niveaux inférieurs ont été au moins partiellement satisfait.

  Au bas de la pyramide se trouvent les besoins de survie tel que respirer, manger, dormir, se protéger contre la nature, boire, reproduire l'espèce, etc...

Au dessus, se trouve le niveau de sécurité qui consiste pour chaque être humain à faire le nécessaire pour assumer sa sécurité.

Au dessus, se trouve le besoin de reconnaissance. C'est à ce niveau qu'interviennent les strokes dont nous parlerons plus bas. C'est aussi à ce niveau que les pervers vont intervenir pour saper la joie de vivre de leurs victimes. C'est le besoin de savoir que l'on compte pour les autres.

Au niveau supérieur, on trouve le besoin d'estime. C'est le désir de recevoir, de certaines personnes de son entourage, des signes de reconnaissance positifs (des strokes positifs). Les pervers chercheront donc aussi à agir à ce niveau.

Au dernier niveau de la pyramide se trouve le besoin de réalisation de soi. C'est le besoin d'affirmer d'une manière personnelle son caractère tout à fait unique, de réaliser ses potentialités, ses dons.

Voici la définition d'un stroke tel que donnée dans "La communication efficace par la PNL". Un stroke est une unité de contact humain. On peut le comparer à la calorie, qui est une unité alimentaire. Nous savons que nous en avons tous besoin d'une certaine quantité par jour. De même, nous avons besoin d'un certain nombre de contacts humains par jour.

Certains sont pauvres en strokes comme un simple regard dans la foule, un "bonjour rapide, etc. D'autres sont moyens (échanges d'informations professionnelles, discussion courte, etc. D'autres sont riches en strokes (conversation longue, jeu de plaisir, intimité, longue discussion d'opposition, dispute, etc.

L'analyse transactionnelle distingue les strokes positifs (valorisants) des strokes négatifs (dévalorisants). Strokes positifs: expression de considération, d'affection, remarques valorisantes, jeux de plaisir, etc.. Strokes négatifs: remarques désobligeantes, déconsidération, insultes, etc..



Article ajouté le 2007-04-11 , consulté 215 fois

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