La Peur
La peur
La peur est le premier facteur générique de ce qui s'appelle notre "fausse personne".
Et comme très vite, le petit comprend ce qui est attendu de lui, il entame cette édification de ce qu'il prend pour sa personnalité.
Les "récompenses" qu'il reçoit pour la construction de sa personnalité sont tellement gratifiantes pour lui qu'il reproduit et reproduit encore ce qu'on lui présente comme comportement à adopter.
Cela est renforcé par les milliers de "Bravo, c'est bien! Tu es un(e) grand(e) garçon (fille)!" qu'il reçoit dans sa petite enfance, et qui le détournent de son essence.
Un sommet de ce type de messages contribuant à renforcer l'Ego du petit se manifeste quand une personne importante à ses yeux dit: "C'est tout à fait son grand-père (grand-mère)" ou "sa sœur, le cousin Guillaume" prononcé avec fierté.
"Vos enfants : vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous."
Khalil Gibran
On donne tout à nos enfants y compris des peurs qui ne leur appartiennent pas.
Lyse Desroches
Extrait de La vie privée
Le deuxième facteur générique de la fausse personne est
"la création d'une identité".
Les premiers entourages donnent au petit d'homme une"image" à laquelle il est invité - ou forcé- à ressembler. Ceci correspond à ce que la psychologie classique appelle le mécanisme d'identification.
L'ensemble des éléments décrits va imprimer chez la personne sa tendance principale.
C'est donc surtout selon les particularités de ces premiers environnements (les personnes qui comptent vraiment) que tel être humain va surtout développer un Ego très altruiste à l'égard des autres et éviter de reconnaître ses propres besoins, tel autre va développer la rigueur personnelle et le goût de la perfection en évitant surtout la colère, tel autre encore la capacité d'agir et l'évitement de l'échec, telle autre encore le courage et la loyauté, en évitant le déviance, et ainsi de suite.
C'est donc un véritable détournement de l'essence de leur être que des millions de gens vivent sans en prendre conscience.
Alors que d'autres -surtout au XXème siècle, en ce qui concerne notre partie du monde- vivent parfois des moments privilégiés, dans lesquels ils se sentent comme envahis par un sentiment de nostalgie vis-à-vis d'un presque rien, d'un je ne sais quoi qui les prend, soit dans un sommet de la crise d'adolescence, soit dans des circonstances particulières de la vie adulte.
Une sensation de doute vis-à-vis des voies d'évolution qu'ils ont empruntées, des décisions d'orientation qu'ils ont prises.
Une sensation qu'accompagne une question sourde.
Soit: "Qui suis-je vraiment", soit "suis-je vraiment la personne que je crois être.
Au fil de notre vie, nous oublions notre véritable moi, notre essence, et faisons de plus en plus la sourde oreille à l'appel du plan divin.
Nous passons du bas âge à l'enfance, puis à l'adolescence et à l'age adulte en concoctant des stratégies nous permettant de voguer sur les voies de l'existence. Nous le faisons avec plus ou moins de succès.
En résumé, notre Ego( notre fausse personnalité) est le résultat d'une "programmation" qui nous a détourné de notre essence profonde.
Une programmation qui "construit" nos types de sensations, notre manière de penser, notre manière sociale d'être.
Ceci ne veut pas dire qu'il est mauvais d'avoir une personnalité, pas du tout.
Avoir une personnalité est indispensable, pour nous les humains.
En fait notre personnalité acquise, n'est pas du tout une mauvaise chose. Ayant pour origine notre tempérament inné et nos perceptions et expériences, elle nous offre les moyens de nous lier aux autres gens et à notre environnement. Elle protège notre moi essentiel contre les blessures de la vie, en agissant comme un bouclier et un amortisseur.
Mais il n'est nullement nécessaire de s'identifier à cela et d'y rester emprisonné.
"Les parents ne devraient jamais se réjouir d'avoir des enfants trop sages. Ce n'est jamais qu'une façon de déserter".
François Gravel

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