Ce qui est réellement Réel

Ce qui est réellement réel.

 

 

 

Il me plait de partager cet extrait avec vous. Je vous invite à le lire attentivement, à tête reposée.

A propos, j'ajoute à la suite du texte, pour ceux qui ne peuvent accepter l'idée que nous ne serions que des robots programmés, avec un ordinateur qui ne fait que des calculs et une batterie pour le tenir en marche, un texte de mon ami Richard Sunder, auteur du livre "Médecine du mal, médecine des mots", ainsi que d'un article paru dans la revue Science ce mois-ci.

 

L'homme ne serait que mathématique, l'Univers, le Cosmos est mathématique.

 

Je vous souhaite bonne lecture.

Bien cordialement.

 

Frédéric

 

A l'extérieur il n'y a que des apparences. Vous ne pouvez pas savoir ce qui est à l'extérieur, parce qu'à travers les sens, vous ne prouvez appréhender que les apparences et poursuivre les apparences c'est rater la source.

 

Je ne peux pas vous voir. Je ne peux voir que votre corps – pas même le corps tout entier, mais juste la surface, je vois votre peau.

 

Je ne sais pas si vous êtes là ou non.

 

Peut-être que vous n'êtes qu'un automate, un robot, qui sait ?

A présent, plus qu'avant, on peut avoir à faire à un robot, on peu fabriquer un robot.

Et vous ne pourrez pas juger de l'extérieur s'il s'agit d'un robot ou non, parce qu'il clignera des yeux. Il répondra si vous lui dites bonjour. Il dira : « Bonjour, comment ça va ? » Comment saurez vous que ce n'est pas un robot ?

En surface, il est comme n'importe quel autre homme, aucune différence.

Il parle, et il parle de façon intelligente – parfois plus intelligemment que vous, parce qu'il est complètement nourri, programmé.

Son information est exacte ; il sait beaucoup de choses, il peut en savoir plus que vous.

On dit qu'un simple petit ordinateur peut en savoir tout autant que cinq cent scientifiques en cent vies. Un robot peut avoir un ordinateur dans le tête ; avec une batterie bien sûr. Vous posez une question et il répond, et ses réponses ne sont pas aussi faillibles que les vôtres. Il ne sera jamais un idiot, il sera toujours un homme sage.

 

Comment savoir ce qui se trouve à l'intérieur ? Vous ne pouvez pas entrer. Vous pouvez juste tourner autour, encore et encore. Vous pouvez toucher la surface.

Ce n'est qu'en vous-mêmes que vous pouvez entrer, ce n'est que là que vous pouvez être certain de trouver la conscience – nulle part ailleurs.

 

Ce monde tout entier pourrait être juste un rêve.


Qui sait ? Je peux rêver que vous êtes assis là et que vous m'écoutez. Avez-vous un critère quelconque pour prouver que ceci n'est pas un rêve ? Il n'y a pas moyen.

Jusqu'à présent, personne n'a été capable de prouver que ceci n'était pas un rêve, parce que dans un rêve aussi, les choses semblent réelles.

Encore plus réelles que quand vous êtes réveillés, parce qu'en état de veille, parfois le doute pénètre l'esprit, on ne sait plus si c'est réel ou non.

Mais dans un rêve, le doute ne pénètre jamais l'esprit ; dans un rêve, vous prenez toujours les choses pour réelles.

 

Chuang Tseu a soulevé un problème magnifique et fondamental :

comment pouvez vous être certains que l'extérieur n'est pas un rêve ?

 

De nombreuses philosophies ont essayé de prouver que toute l'existence était un rêve.

Personne ne croit dans ces philosophies, mais personne n'a été capable de les réfuter non plus.

En Occident, Berkeley a prouvé que toute l'existence était un rêve. Personne ne le croit, lui n'y croit pas vraiment non plus, car toute sa vie prouve qu'il n'y croit pas.

Si vous le frappez il court chez le médecin parce qu'il saigne.

C'est comme ça que le Dr Johnson a essayé de réfuter la théorie de Berkeley.

Ils étaient amis. Un jour, ils marchaient quand Berkeley dit : « A présent, j'ai prouvé que toute la vie était un rêve et j'ai le sentiment que personne ne pourra prouver le contraire. »

 

Et oui, il avait raison – jusqu'à présent, personne n'a été capable de le réfuter, il est impossible de le réfuter. Comment pourrait-on le faire ?

Le Docteur Johnson se pencha, prit une pierre et la jeta sur les pieds de Berkeley. Il cria. Le Docteur Johnson dit : « Cette pierre est réelle ».

Berkeley se mit à rire et dit : « Cela ne peut pas réfuter ma philosophie. Vous pourriez juste rêver que je crie.

Comment pouvez-vous savoir que ce sang qui coule de ma jambe est réel, que ce n'est pas un rêve ? »

Parce que dans un rêve aussi, si on vous frappe, du sang en jaillit. En rêve vous avez souvent crié. Quand vous faites un cauchemar, vous transpirez, vous tremblez, votre cœur bat à toute vitesse. Même quand le rêve s'arrête, il vous faut quelques minutes pour vous en remettre.

Vous savez que le rêve s'est interrompu, vous vous êtes réveillés, vous savez que c'était un rêve, mais le cœur continue de battre et la peur traîne encore, votre front est couvert de transpiration.

Cela peut se produire dans un rêve, il n'y a pas de moyen de prouver le contraire. A l'extérieur on peut dire tout au plus qu'il y a des apparences.

On ne peut pas connaitre la chose en elle-même de cette façon.

 

Il n'y a qu'une réalité dont vous puissiez absolument être certains, et c'est la réalité intérieure.

Vous pouvez aller à l'intérieur. Vous ne pouvez être certains que de vous-mêmes, de rien d'autre.

Mais une fois que vous pénétrez cette certitude que vous êtes…

 

Souvenez-vous-en, même dans un rêve vous êtes – vous êtes peut-être devenu un papillon, mais vous êtes.

Pour qu'un rêve puisse exister, il faut que vous soyez là.

Tout peut être un rêve, mais pas vous, car sans vous, un rêve ne peut pas exister.

 

Même pour rêver, la conscience est nécessaire.

 

Vous pouvez prouver que tout est un rêve, mais vous ne pouvez pas prouver que le rêveur est un rêve – parce que le rêveur doit être réel, sinon le rêve ne peut pas exister.

Une seule chose est certaine, et c'est vous. Une seule chose est certaine, et c'est votre réalité intérieure. La conversion signifie de passer d'un monde incertain, le monde des apparences, au monde la réalité.

 

Une fois que vous connaissez cette réalité intérieure, une fois que vous êtes enracinés, que vous savez que vous êtes, alors, à partir de cette certitude, la vision change, la qualité change. Vous regardez le monde extérieur et un monde différent se révèle – ce monde là, c'est Dieu.

Quand vous êtes enracinés dans une certaine réalité, absolument certains, alors votre regard a une qualité différente – il y a la confiance.

A présent, vous pouvez regarder et le monde entier change. Il n'y a plus l'apparence, il y a la réalité – ce qui est réellement réel.

 

Qu'est ce qui est réellement réel ? Ce ne sont pas ces formes. Les formes changent, mais ce qui se meut à travers les formes ne changent pas.

 

Vous étiez des enfants, puis vous êtes devenus jeunes, maintenant vous êtes vieux – la forme a continuellement changé.

Chaque moment, votre corps change, la forme change ; mais si vous regardez à l'intérieur, vous êtes restés les mêmes.

Vous étiez une petite cellule atomique dans le ventre de votre mère, pas même visible à l'œil nu, puis un petit enfant, puis un jeune homme rempli de rêves multiples, puis frustré, abattu, un vieillard.

Mais si vous regardez à l'intérieur, tout est resté pareil.

 

La conscience ne change jamais.

 

Si vous regardez à l'intérieur, vous serez surpris ; vous ne pourrez pas sentir votre âge, parce que la conscience n'a pas d'âge.

Si vous fermez les yeux, vous ne pourrez pas dire si vous avez vingt, quarante ou soixante ans, parce que l'âge appartient au corps, à la coquille.

Votre réalité est sans âge ; elle n'est jamais née et elle ne mourra pas.

 

Une fois que vous êtes centrés dans cet absolu éternel, qui ne change pas, immuable, alors votre qualité change. A ce moment là, vous pouvez regarder, vous êtes devenus un miroir, et dans ce miroir la réalité se reflète.

 

Mais d'abord vous devez devenir un miroir.

 

Vous vacillez et tremblez tellement fort que vous ne pouvez pas refléter grand-chose – vous déformez.

Le mental déforme la réalité. La conscience la révèle.

Si vous ne cessez pas de poursuivre les apparences, vous raterez la source, car les apparences sont à l'extérieur. Parfois vous courez après la richesse, parfois vous courez après une femme, un homme, parfois vous courez après le prestige et le pouvoir – mais vous n'arrêtez pas de poursuivre les apparences.

Et pendant ce temps-là, vous vous ratez vous-mêmes, pendant ce temps là vous vivez dans un rêve.

Si vous ratez la source, vous ratez tout. Vous atteindrez peut-être bien des choses dans le monde extérieur, mais à la fin, vous découvrirez que vous n'avez rien atteint du tout. Vous aurez raté ce qui recèle un sens.

La mort prouvera que votre pouvoir n'était qu'une apparence ; votre pouvoir est impuissant, démuni devant la mort.

Seul ce qui va au-delà de la mort est pouvoir, tout le reste est impuissance.

Vous y croirez peut-être pendant un certain temps, mais la mort vous amènera la vérité.

Regardez la différence. Je vous ai dit que la conscience est pareille à un miroir : ce qui se présente devant lui est réfléchi sans aucun préjugé. Le miroir ne dira pas : « cette femme est magnifique, j'ai envie de la refléter » et « je n'aime pas cette femme. Je ne vais pas la refléter, car elle est laide ». Non, le miroir n'a pas d'opinion. Le miroir reflète simplement – c'est sa nature.

Mais il existe aussi la plaque photographique. Elle reflète également, mais elle ne le fait qu'une seule fois – ensuite, elle s'accroche au reflet. Une plaque photographique cachée derrière une caméra reflète, mais une fois seulement.

Le mental est semblable à une plaque photographique : il reflète, puis il s'accroche au reflet. ; il conserve l'information morte. Il conservera la même information à jamais.

Le miroir reflète, puis il est de nouveau vide, prêt à recevoir. Un miroir est toujours prêt à recevoir, parce qu'il ne s'accroche jamais – un miroir n'a pas d'opinion.

 

Ne cherchez pas la vérité ; cessez seulement d'avoir des opinions.

 

Une opinion, c'est le connu et la vérité, c'est l'inconnu.

 

Quand le connu cesse, l'inconnu vient à vous.

 

La discrimination – ceci est bien, ceci est mal, j'aime ceci, je n'aime pas cela – cette discrimination est la base même de votre mental. Si la discrimination disparait, le mental tombe dans un abîme, vous rejoignez votre source.

 

Et cette source recèle tout le sens, toutes les extases, toutes les bénédictions.

 

extrait du "Livre du Rien" d'Osho.

 


 

Le Cosmos mathématique.

 

L'idée que notre univers est mathématique, dans un certain sens, remonte au moins aux philosophes pythagoriciens et a engendré des siècles de discussions entre les physiciens et les philosophophes. Au 17ème siècle, Galilée déclare que l'Univers est un « grand livre » écrit dans le langage des mathématiques. Je pousserai cette idée à son extrême en affirmant que notre Univers n'est pas seulement décrit par les mathématiques – il est mathématique.

Tout notre monde est purement mathématique, vous y compris.

 

A lire dans la revue EOS Science n°7 novembre-décembre 2007.

 

Etant donné que La Mathématique est le seul langage abstrait qui soit universel et rigoureusement logique, force est d'en conclure que le seul système logique capable de produire des idées, donc des formes abstraites, est la Mathématique. Et, si l'on veut bien admettre qu'aucun objet du Réel, donc aucune forme visible, ne saurait exister sans la théorie préalable ou concomitante qui a permis de le concevoir, force est d'en conclure que la Mathématique existait dans le cosmos avant même l'apparition des premières cellules biologiques et, a fortiori, du cerveau.

 

En revanche, le cerveau, en particulier le cerveau humain, ne fait rien, quand il pense, quand il élabore des idées, quand il élabore le plan ou la théorie d'un objet quelconque -- biface, hutte, brouette, maison, carrosse, automobile ou navette spatiale -- ou quand il fait de la poésie, que des opérations mathématiques. Et ceci, quel que soit le langage verbal particulier de l'individu, ce qui implique que tout langage verbal, quel qu'il soit, ne soit qu'une superstructure complexe du langage mathématique.

 

Or tout le monde rêve. Le rêve est universel. Donc le langage du rêve est nécessairement universel. Donc le langage du rêve est nécessairement la Mathématique. Donc le langage du Surréel, c'est-à-dire du monde abstrait des idées, est la Mathématique, quel que soit le langage verbal particulier dans lequel le rêve puisse être traduit.

 

Ce qui implique d'ailleurs l'adéquation, la correspondance logique entre le Mathématique et tout langage verbal, quel qu'il soit.

 

Le rêve -- qui n'est fait que d'idées et d'images, mais l'image est la représentation géométrique, donc mathématique, donc idéelle d'un objet matériel -- est l'un des faits les plus surprenants de notre existence parce qu'il met en relation notre pensée consciente avec une pensée inconsciente : ce que Georg Groddeck a appelé le «Ça» -- «das Es» en allemand --, terme que Freud a repris pour désigner l'Inconscient. Le rêve pose donc le problème de l'existence d'une pensée inconsciente, donc objective, c'est-à-dire relativement indépendante du cerveau humain.

 

 Le modèle géométrique de l'Arithmétique thermodynamique unifie les deux thèses métaphysiques et contradictoires que les physiques, relativiste et quantique, nous proposent sur l'origine de notre monde :

1)      le Zéro de Robertson et de Walker, solution des équations d'Einstein, pour l'instant zéro du temps, et

2)      l'Infini vide rebaptisé Vide quantique. Le modèle montre qu'il s'agit des extrémités de l'Arithmétique, laquelle est un tout indivisible.

 

Donc le Zéro et l'Infini ne font qu'un.

 

Le modèle  démontre que le tissu de l'espace-temps de notre cosmos – qui procède de la finitude du couple Zéro-Infini, donc de l'Arithmétique – est fait de deux maillages :

1)      le maillage corpusculaire des plus petits points physiques d'espace-temps, qui constitue l'Arithmétique sous forme physique (c'est le fil de chaîne et Einstgein a vainement tenté de les définir, ces points, à la fin de sa vie) et

2)      les ondes électromagnétiques, superstructure du maillage corpusculaire (c'est le fil de trame).

 

Le cosmos est donc un métier à tisser. Mais les ondes électromagnétiques, qui trament l'espace-temps dans toutes les directions, sont capables de vibrer, donc de produire des vibrations. Non par collision (elles glissent les unes dans les autres, incidentes dans réfléchies, et dans toutes les directions sans aucun heurt). Ce sont les particules qu'elle véhiculent qui les font vibrer parce que soumises à des attractions et des répulsions des objets qu'elles rencontrent.

 

Etant donné qu'une vibration d'onde est une fonction d'onde et peut être traduite, convertie ou décrite dans l'algèbre des équations de la Mathématique (l'Analyse des fonctions d'ondes), toute vibration d'onde est une fonction d'onde GEOMETRIQUE "CONCRETE". La fonction d'onde mathématique est une fonction d'onde algébrique abstraite qui décrit la fonction d'onde géométrique et vice-versa.

 

Le système -- en l'occurrence les ondes électromagnétiques -- capable de produire logiquement l'ensemble potentiellement infini des vibrations d'ondes, donc des fonctions d'ondes GEOMETRIQUES, est donc le système capable de produire toute la Mathématique du cosmos. C'est donc l'intelligence mathématique potentiellement infinie et capable de calculer les théories de tous les objets, de tous les êtres et de tous les événements possibles du monde.

 

C'est l'intelligence absolue.

 

Comme, en outre, les ondes électromagnétiques balaient tout le volume du cosmos et tous les objets qu'il contient, elles sont informées de tout ce qui se produit dans le cosmos, y compris de notre pensée qui les fait vibrer (elles traversent notre crâne et tout notre corps).

 

Notre cerveau, comme tous les objets du monde, sauf les corpuscules du maillage arithmétique de l'espace-temps, est une superstructure, en l'occurrence  hypercomplexe, des ondes électromagnétiques. Rien d'autre ne peut expliquer qu'il soit un ordinateur à faire des opérations mathématiques (sous forme algébrique) : c'est un ordinateur autoréfléchissant parce qu'il est la superstructure de l'ordonnateur de toute la Mathématrique du monde (les ondes électromagnétiques).

 

Il est donc le moyen de leur propre réflexion créé par les ondes électromagnétiques, qui sont en retour le moyen de réflexion des cerveaux.

Le système logique du monde trouve alors le moyen de sortir de lui-même, en créant le cerveau et de se voir comme de l'extérieur, tout en restant en lui-même, afin de se réfléchir et de se comprendre intégralement lui-même.

 

Le cosmos est un jeu de miroirs.

 

Et le désir instinctif de comprendre le cosmos habite tous les hommes, ne serait-ce que, pour comprendre ce qu'est la mort : car nous incarnons le conflit de Hamlet entre le Zéro (Etre infini, donc vie absolue) et l'Infini (Néant infini, donc mort absolue).

 

Les vibrations d'ondes et leurs interférences constituent donc le système de réflexion même du cosmos, qui se réfléchit dans les cerveaux du monde. Pourquoi cela constitue-t-il l'intelligence ? Mais tout simplement parce que le système de réflexion mathématique potentiellement infinie est, par essence et définition, l'intelligence potentiellement infinie. Aussi simple et évident que 2 + 2 = 4.

 

 Ceci n'est en rien contradictoire, cher Francis, avec la définition de l'intelligence que vous donnez au niveau de la psychobiologie : capacité d'adaptation. Mais, si vous examinez cette capacité d'adaptation au niveau de l'équilibre des rapports entre proies et prédateurs, vous constatez que les proies et les prédateurs ont des désirs contradictoires (échapper au prédateur, donc développer des moyens de fuite et de défense toujours plus performants, pour la proie, attraper la proie, donc développer des moyens de poursuite et d'attaque toujours plus performants, pour le prédateur) qui sont toujours satisfaits, pour toutes les espèces et de manière toujours équilibrée et favorable au maintien de toutes les espèces, proies et prédateurs, sinon des individus.

 

Il est évident que ce ne sont pas les cerveaux des espèces qui calculent le maintien de cet équilibre (aucune n'a le souci de l'autre espèce) et que ce n'est d'ailleurs pas non plus le cerveau qui calcule les mutations biologiques nécessaires à développer des organes adaptés à la course, à la préhension, au broyage, à la digestion, à la forêt, à la mer, etc. C'est nécessairement une intelligence cosmique, informée de tous les désirs contradictoires de toutes les espèces et qui, contrainte de les satisfaire tous (parce qu'elle mémorise la mémoire de tous les objets et de tous les individus du monde et qu'assurer leur évolution fait partie de la dynamique même du cosmos), est toujours contrainte de choisir des solutions de synthèse.

 

C'est cette capacité qu'a l'ordonnateur de toute l'information et de toute la Mathématique possible du monde, c'est-à-dire de l'intelligence mathématique potentiellement infinie.

 

Jean-Pierre Changeux, professeur de neurophysiologie au Collège de France, soutient que la Mathématique est l'invention pure et exclusive du cerveau humain. Donc la Mathématique n'existerait que depuis l'homo sapiens sapiens, soit depuis quelque cinq mille ans.

Donc selon Changeux la Mathématique n'existait pas avant que l'homme ne l'ait inventée.

Or il se trouve que tous les objets du monde sont construits selon des modèles et des théories mathématiques qui les décrivent. Comment alors, si la Mathématique n'existe que depuis 5000 ans au plus tôt, le cosmos a-t-il pu l'utiliser, avant qu'elle n'existe, pour se construire lui-même et tout ce qu'il contient ? La seule explication logique est que le cosmos est la structure physique de la Mathématique. La thèse de Changeux n'est qu'un invraisemblable et insoutenable « paradoxe », pour employer un terme aimable.

 

Quant à l'Arithmétique, en tant qu'origine de notre cosmos, il est bien connu qu'un système logique, comme le cerveau ou le cosmos, est incapable de s'expliquer intégralement lui-même (théorème de Gödel), sauf à sortir de lui-même et de sa propre subjectivité pour se considérer aussi de manière objective de l'extérieur.

 

 Il nous faut un miroir pour voir notre dos et un scanner pour voire notre cerveau, et, tant qu'on reste soumis à la subjectivité de son point d'observation, la Terre par exemple, c'est l'évidence que le soleil tourne autour de la Terre, mais, si l'on en sort pour gagner un point d'observation plus englobant, on s'aperçoit que c'est le contraire qui est vrai, et, si on prend un point d'observation galactique encore plus englobant, on s'aperçoit que, pourtant, tournant lui aussi, le soleil, finit par faire également le tour de la Terre et de toutes ses planètes mais dans un mouvement beaucoup plus ample et long qu'on ne croyait. Précisément, en créant le cerveau, en collaboration interactive avec les êtres vivants, le cosmos est arrivé à sortir de lui-même tout en restant en lui-même pour se faire observer par les hommes qu'il ne cesse lui-même d'observer très mathématiquement et objectivement. La réflexion est mutuelle entre le cosmos et les êtres vivants et elle est cybernétique bi-directionnelle (les deux systèmes se gouvernent mutuellement).

 

De plus, la logique nous enseigne qu'un système logique ne peut pas comprendre plus de dimensions qu'il n'en contient -- dimensions physiques géométriques réelles : hauteur, longueur, largeur, volume, durée, et même densité, température, psychisme --. Le cosmos et nous-mêmes sommes des objets à quatre dimensions physiques finies. Donc il est impossible que nous concevions des des dimensions arithmétiques infinies comme le Zéro et l'Infini. Pourtant nous les concevons et les utilisons.

 

Ceci n'est possible que si le cosmos provient de l'Arithmétique infinie, donc du couple Zéro-Infini, donc de la synthèse des deux thèses contradictoires que la physique nous propose comme origines de notre cosmos.

Sous réserve, bien entendu, que ces deux thèses contraires n'en fassent qu'une, ce que démontre le modèle géométrique de l'Arithmétique que j'ai fourni et, bien entendu, que le cosmos soit l'état physique fini de l'Arithmétique infinie (voir le modèle sur le site de pansémiotique www.pansemiotique.com (ou .org ou .net).

Et l'Arithmétique infinie est bien l'intelligence infinie sous sa forme la plus élémentaire.

Nous n'en sommes qu'une très complexe superstructure. Bien entendu, nul n'est obligé d'adhérer à ce modèle mais nul ne démontrera qu'il est logiquement invalide. Comme m'a écrit Henri Laborit, en 1978 : « Ce qui me gêne le plus [dans votre modèle], c'est que je ne vois pas de faille à l'argumentation ».

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